Concours de poésie "Printemps des poètes"

Faculté de la Réunion

2004-2006

La carte postale...



 La MANGUE et les CLIENTS INDELICATS

Une mangue fort belle,
Et dodue !
Et sucrée !
Depuis tôt le matin, à la foire agricole,
En son panier d'osier, parmi des sœurs plus molles,
Espérait qu'un gourmet, bientôt, l'achèterait...
Et chacun des passants, en effet, s'arrêtait
Pour humer son parfum, caresser la rondeur
Ingénument mise en valeur...
Les autres fruits riaient, la tenant pour idiote
De se laisser ainsi traiter
Sans nullement être assurée
Qu'on la prendrait, la pauvre sotte,
Après l’avoir ainsi tâtée...
Serez-vous étonné
Si je vous dis qu'au soir il fallut la jeter ?

 Pour éviter toute surprise, 
 Mes sœurs, ne vous laissez  
 Toucher qu'avec les yeux ! 
 Car les indélicats, croyez-moi, sont nombreux  
 A vouloir de très près jauger la marchandise  
 Et à l'abandonner en un état piteux ! 

 

Et les marques pages....

 

AMOURS CELESTES

Dis-nous, voie lactée,
Ne serais-tu pas la trace
D’amoureux ébats
Entre des planètes folles
Et des comètes en rut ?
 

 

 POÈME D'UN AMANT TRÈS ÉPRIS, À LA BELLE TRAÎTRESSE QUI VINT UN JOUR CARESSER SON COEUR, APPRIVOISER SON COEUR, ENVOÛTER SON COEUR, ARRACHER SON COEUR, PIÉTINER SON COEUR, AVANT DE PARTIR, SOUVERAINE, VERS d'AUTRES AMOURS À TRANSFORMER EN DÉSERTS


 Ça ne fait rien, 

 Je t'aime...
 

CACOPHONIE URBAINE

Un robot ménager,
Insensible aux couleurs de l'aube,
Chuinte ou siffle sans pitié.
Une... dix... trente autos
Perforant des rêves de soleil
Font vibrer l'air de leurs vrombissements rageurs
Brisant le flegme heureux des rues et des ruelles.
Puis les chantiers, soudain, s'animent
Et les marteaux piqueurs
Éventrent nos pauvres villes,
Martèlent leurs slogans guerriers,
Tandis que l'effroyable cacophonie des postes de télévision
S'affrontant à travers les murs
Se mêle au charivari des querelles humaines...

Mais parfois, par bonheur, d'une fenêtre ouverte,
S'échappe un chant de femme
Qui berce son enfant...

TOUT COMPTE FAIT… 

La paresse est bien loin d’être un vilain défaut !
Étant la mère de tous MOTS
Elle est vertu
Pour un poète.

PRIÈRE

Je mûris doucement
A l'ombre de ta cruelle indifférence :
Vas-tu te décider, un jour, à me cueillir ?...

 


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